ON PARLE DE NOUS

Un premier film scout "Antoine, chef de bande"

Source : La République du Centre

Une histoire simple écrite par M. Roger Foucault : un jeune garnement d'une vingtaine d'années entraîne une bande de jeunes dans une série de méfaits qui, de farces de mauvais goût, deviennent bientôt des délits purs et simples. Mais une patrouille de scouts au chef volontaire s'en émeut et commence à combattre la bande des « Risque-tout ». Finalement, ces derniers devront s'avouer vaincus et certains, même, renieront leur passé de voyous et trouveront leur salut dans le scoutisme.

Les interprètes de ce film simple, sans vedettes, furent vite trouvés. Ce seraient naturellement de jeunes scouts, au nombre total de vingt-quatre. Cependant, trois d'entre eux eurent la charge des rôles principaux: Antoine Lancelot, chef de la bande des «Risque-tout»; son adjoint, Guy Laluque et, enfin, le chef de la patrouille scout, Jacques de Bellecombe, fils du regretté comandant de Bellecombe.

Un tour de force technique :

Mais, une fois le scénario écrit et les interprètes choisis, le plus délicat et le plus long restaient à faire, c'est-à-dire la mise en scène et le tournage proprement dits. Naturellement M. Roger Foucault, l'opérateur, connut toutes les calamités qui s'abattent régulièrement sur les cinéastes : l'absence du soleil, la mauvaise qualité de la pellicule, etc.

De son côté, M. Villiaume, ingénieur du son, essuya lui aussi de nombreux déboires. Car il faut dire qu' « Antoine, chef de bande », est un film parlant. C'est même le premier film parlant direct en 16 millimètres réalisé en France. Et ce tour de force repose sur une astuce technique, simple dans sa conception, mais particulièrement délicate dans sa réalisation. Tous les sons (paroles et bruits) furent enregistrés sur disques par M. Villiaume, en même temps que les images. Il fallut ensuite envoyer ces enregistrements dans un laboratoire parisien où, au moyen d'un appareillage spécialisé, on les retranscrivit sur film sous forme d'une piste sonore normale. Enfin, on dut juxtaposer les images et le son, en faire une bande unique où la coïncidence des deux choses ne doit pas souffrir le moindre décalage. Tout cet énorme travail de patience et de précision fut réalisé à Orléans par «l'équipe» qui y sacrifia plus d'une nuit de repos…

M. Turbat, le metteur en scène eut lui aussi une tâche écrasante. Il n'est pas toujours facile, en effet, de «tenir» de jeunes garçons qui, pour sages et compréhensifs qu'ils soient, n'en sont pas moins quelque peu turbulents. Son travail fut pourtant simplifié par ses jeunes interprètes qui montrèrent une grande intelligence dans leur jeu. Heureusement, des concours bénévoles facilitèrent certaines parties du tournage. C'est ainsi que les gardiens de la paix, les pompiers et des agents de la SNCF furent des figurants pleins de compréhension et de bonne volonté. La police fit encore son métier lors des prises de vue en ville, protégeant les cinéastes des curieux trop empressés. Car les extérieurs sont tous d'Orléans ou de ses environs : rue des Bouchers, rue Croche-Meffroy, place de la République, rue de la Bretonnerie, place Albert-1er, faubourg Bannier, carré Saint-Vincent, quai du Chatelet, rue Jeanne d'Arc, à la Chapelle Saint-Mesmin, dans les vieux moulins du Loiret, à « La Planche », commune de Saint-Denis-en-Val, dans la propriété de M. Lucet, commissaire de province des Scouts de France, etc.

Pour la musique de fond, on fit appel au talent de M. Tartarin et de M. André Gaille, qui composèrent une musique originale de qualité, interprétée par un orchestre de 35 exécutants choisis parmi les meilleurs éléments du conservatoire d'Orléans.

Soixante-trois ans après, le succès est toujours là : Article tiré de la République du Centre sur la projection du film, soixante-trois ans après

Article de l'époque Image du film Retrouvailles soixante-trois ans après